Anecdotes

samedi 26 avril 2008
par  Maylis Cazaumayou

Les anecdotes, toutes les petites choses qui faisaient de la "Plage de la Beune", un endroit exceptionnel où les gens restaient, revenaient, en parlaient, alimentant ainsi le renouvellement de sa clientèle dont une bonne partie était devenue des amis.
Et ce, aussi parce que les gens y étaient accueillis, recevant des tas d’explications drôles, historiques et pratiques sur ce lieu particulier où ils allaient passer leurs vacances, de la bouche même de ceux qui avaient vécu cette aventure en famille et de Caza, lui-même "l’homme au bonnet rouge", il adorait ça et il le fit jusqu’àla fin.


La plage était parsemée de petites pancartes en bois brut aux jolies formes, écrites àl’encre de Chine ou plus tard au gros feutre de la main légère de Caza. Elles étaient humoristiques, tout en étant éducatives :

Pendant de longues années, la plage fut indiquée le long des routes venant d’Evian et Thonon, par de petites pancartes placées tous les 2 à300 mètres, avec des adjectifs en ... ique parfois inventés : humoristique, idyllique, édénique, bucolique, gastronomique, photogénique, chic, acrobatique, télébeunique, euphorique, ludique, nautique, dynamique, beunazique, saunatique, économique, aquatique, énergétique, sympathique, poétique, magnifique, gondolique et j’en oublie.., les promeneurs se demandaient de quoi il s’agissait et finissaient par arriver àla Plage, ravis de cette surprise, ou bien d’autres retrouvaient leur chemin grâce àelles.
A l’entrée, plutôt que de compter avec l’âge des enfants pour l’entrée de la plage, une toise était installée vers 1m10, et tous ceux qui passaient dessous payaient demi-tarif... Évidemment, beaucoup s’amusaient àse courber, àplier les genoux et autres blagues faciles !...

Sur la Plage : des flêches "Pipi-room" indiquaient le chemin àsuivre !

"Soyez comme nos amis suisses qui sont si propres... chez eux !"
Malgré cette petite égratignure gentille, la clientèle suisse de la Plage était très importante et fut amicale et fidèle pendant les 45 ans de présence de la famille Caza. Il est vrai qu’on était loin encore des codes actuels de propreté et d’hygiène en France. Les suisses, déjàplus structurés chez eux, avaient tendance àse lâcher un peu en France et àlaisser traîner un peu les résidus de leurs piques-niques, par ailleurs très organisés et élaborés. Ils aimaient bien aussi, pratiquer de façon dangereuse, des activités interdites ou très encadrées chez eux, comme le Télébeune ou le Trampoline. Dans les journaux suisses, il y eut, au fil des années, beaucoup d’articles sur la Beune et Caza, et lui-même collabora avec le journal La Semaine Sportive pour faire articles et caricatures du Cirque Blanc des grands skieurs de l’époque.
Les courses d’école (voyages de fin d’année des écoles suisses), furent elles aussi un nid exceptionnel de clientèle, animant le printemps et revenant avec leurs parents l’été, de saison en saison !... - Caza fit d’ailleurs, son dernier plongeon devant l’une d’elles en 2002 àplus de 90 ans. Il ne pouvait s’en empêcher ! -

Au début du printemps, une jolie affiche montrait le père Bon Dieu entrain de coller des feuilles aux arbres et recommandant de revenir le dimanche suivant car tous les arbres seraient habillés de vert.
Mangez de "l’atome" de chèvre , avec une charmante chèvre dessinée gambadant aux abords du Lac et de la Dent d’oche, thèmes récurrents de toutes les affiches (malheureusement disparues).|

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La Plage et sa Sirène

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Tout était accompagné de ses dessins au trait caractéristique.
Au restaurant de la Plage nommé "La Case àCaza" du nom de sa rubrique de caricatures dans le journal L’Équipe dans la fin des années quarante, même les additions des repas étaient dessinées et personnalisées évidemment par Caza.

Sur la porte de la cuisine, une grande photo de la Bergère rappelait que :
"De la Bergère ici c’est l’antre,
Sous aucun prétexte, on n’y entre !".

Ce qui évitait en effet, de subir les foudres de Cazette qui régala elle-même les clients pendant des années avec ses Bouchées des Chanoines, ses Tournedos Dacquoise, ses Fondues Savoyardes, et ses tartes aux myrtilles ou aux prunes pour le Jeune Fédéral Suisse en automne.

Au bar, une pancarte annonçait toujours avec un dessin : "La direction tient àla disposition de ses clients gauchers des tasses avec anse àgauche !", ce qui plongeait dans des abîmes de réflexion certains clients moins portés sur le sens de l’humour, et faisait bien rigoler les autres !

A la sortie de la Plage, Caza, génie de la pub, don qu’il avait hérité de son père pharmacien, rappelait aux clients par une petite pancarte : "Et avant de partir, n’oubliez pas que vous avez promis àvos amis de leur envoyer une petite carte postale."
Une autre disait : "Si vous avez été satisfaits, envoyez-nous vos amis.
Si vous ne l’avez pas été, envoyez-nous vos ennemis ! Merci ! "

Près de la sortie, existait une table rustique comme toute les autres sur une petite terrasse où prenait ses repas "la famille" c’est-à-dire tous ceux qui travaillaient àla Plage. Comme tous les clients et amis en passant disaient "Bon appétit !", le problème du "merci", mille fois répété avait été résolu en pendant àune branche une pancarte avec "MERCI !!", que nous n’avions plus qu’àindiquer de la main, tout en continuant de manger et sans avoir àrépondre la bouche pleine !:o)


Nous alimenterons cette rubrique au rythme du rafraîchissement de nos mémoires. Si vous avez des souvenirs, des documents scannés, des photos, n’hésitez pas ànous les faire parvenir pour les partager sur ce site.


Les documents originaux seront rendus bien sà»r !